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Interview cévenole sur l’agriculture biologique

Interview cévenole sur l’agriculture biologique

Denis F. est producteur de farines, d’huiles, de vin et de jus de raisin dans la région d’Alès sur une exploitation de 22 ha SAU. Il s’est lancé il y a une dizaine d’années, en produisant parallèlement du bio et du conventionnel. Mais devant la complexité d’assurer deux modes de culture aux logiques différentes, il a très vite choisi de passer entièrement au bio. Pour Denis, « la bio, c’est avant tout une production à l’échelle humaine ». Interview.

Gégé, la Gazette des Groseilles : Comment êtes-vous venus à l’agriculture biologique ?

Au début, j’ai commencé [les céréales] en conventionnel. (…) En lisant le bidon d’insecticide, j’ai cru que je n’allais jamais pouvoir traiter : il ne faut pas de vent, pas trop de rosée, plutôt la nuit pour préserver les insectes. J’ai traité avec des lunettes, gants, sur bottes, etc. c’est ça l’agriculture ? J’ai fait un traitement, j’ai dit stop !»

La Gazette des Groseilles : Pourquoi prenez-vous la peine de transformer vous-même tous vos produits ?

«Avant je portais tout en coopérative, mais le problème avec les coopératives c’est que c’est la mort du paysan ! Sur le principe, ça part d’un bon sentiment, seulement en France, ce ne sont plus des coopératives, ce sont des entreprises. Ce qui veut dire qu’il y a beaucoup de frais de coopérative et qu’on est payés à coup de lance pierre.

Auparavant c’était des petites structures avec une trentaine d’adhérents par coopérative, maintenant ce sont des méga structures. Ici c’est Sud Céréales qui chapeaute tout le monde. Il y a seulement un point [de dépôt] ici, un point à Arles, et vous ne pouvez pas porter ailleurs. Ils font donc ce qu’ils veulent et franchement, c’est une catastrophe.

Au niveau du blé par exemple : les coopératives payent le blé dur 0,15€ le kilo, quand - en le transformant en farine- je le vends 1€22 le kilo. »

La Gazette des Groseilles : Les agriculteurs en bio peuvent-il s’appuyer sur les institutions comme la chambre d’agriculture ?

« Ils fonctionnent comme des bouquins et sont sponsorisés par les grands groupes. En bio, ils sont complètement largués, et vous renvoient très rapidement vers le CIVAM (Centre d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural) qui est débordé.

Au niveau de l’implantation des vignes, si j’avais écouté la chambre d’agriculture, toute la zone arborée n’existerait plus, le ruisseau non plus : il n’y aurait qu’une seule parcelle de 5 ha. J’avais l’intention de planter 600m de haies ce n’est pas pour en détruire 1800 qui existent déjà !

Eux c’est l’homogénéité, les grandes lignes (…) Mais quand on est sur des petites [lignes de pieds de vigne] comme ça je trouve que ça va mieux pour le moral !

La Gazette des Groseilles : Que pensez-vous de la nouvelle réglementation européenne relative à l’agriculture biologique?

« Je pense que c’est une ouverture à une dérive. A mon avis, une personne qui pratique la bio correctement la pratiquera toujours pareil. Même avec une réglementation drastique, il y en a toujours qui vont trouver un moyen ou un autre de gruger. Mais un jour ou l’autre on les coince : Il a un mec qui a produit de l’ail à 40 tonnes/ha, quand je fais 5 t/ha ! Il a joué, il a perdu [le certificat pour sa récolte et sa licence sur les autres productions biologiques] !

Je pense que le danger est que cela devient un marché juteux. La nouvelle réglementation européenne, c’est bien pour faciliter l’ouverture aux grosses structures.

Mais il y a bio et bio quand même, il faut le dire :

Un gars qui a 200 ha, ne peut pas faire du bio correctement. Ou alors il a 30 ouvriers et 25 tracteurs ! Il est obligé de mettre des engrais, des produits. Ca reste bio parce que ses produits sont bio, mais il n’y a pas de rotation, il passe le broyeur partout donc il arrache tous les auxiliaires, etc. Moi je laisse un maximum de haies, je fauche les bords, j’essaie de ne broyer que le fond des ruisseaux … »

« Ça n’empêche pas qu’il vaut mieux des gros bio plutôt que des gros cons de chimiques !»

Voilà un point de vue assez radical !

La Gazette des Groseilles a hâte d’aller voir ce que d’autres professionnels ont à partager !

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Haros sur les idées reçues - Agriculture Biologique

Haros sur les idées reçues - Agriculture Biologique

Dégradation des rendements, baisse des volumes de production, incapacité à nourrir la population grandissante, augmentation des charges de travail …. ces idées reçues sur l’agriculture biologique ont la vie dure. Nous sommes allées voir ce qu’en pensent les cévenols…

Idée reçue n°1 – La population augmente et on sera bientôt 9 milliards ! Le bio c’est bien beau mais ça ne nourrit pas son homme !

j’ai eu plus de récolte que mes voisins qui traitaient, c’est là qu’on voit que quand même il y a une justice !”

C’est le témoignage amusé de Denis, agriculteur près d’Alès, producteur de raisin et de céréales certifiés agriculture biologique.

La Bio incapable de nous nourrir en quantité suffisante ? Des témoignages comme celui-ci, corroborés par les rapports des conférences internationales tendent à démontrer le contraire:

En particulier, en mai 2007, une conférence de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) conclue que, sous nos latitudes, les rendements diminuent pendant la période de conversion (reconstitution des sols) puis augmentent pour se stabiliser à des valeurs très proches de l’agriculture conventionnelle [1].

Idée reçue n°2 – Une exploitation biologique, quel boulot ! je n’aurai pas assez de bras !!

“Tout dépend des productions [...] mais ce n’est pas plus de boulot finalement, si on est bien organisé. […] Pour la vigne il y a beaucoup de travail parce que c’est un travail du sol. Et en céréales, il y a moins de boulot par contre. Je sème, un coup de herse, un purin d’ortie, et puis voilà ! “

Ah ! Voilà une journée qui donne le sourire … et à réfléchir !

++ Sur le sujet :

[1] - FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations) - Conférence internationale sur l’agriculture biologique (”organic” en anglais) et la sécurité alimentaire, Rome, Mai 2007 - Rapport sur le thème “agriculture biologique et disponibilités alimentaires”, paragraphe 8 - http://www.fao.org/organicag/ofs/docs_fr.htm - La conférence traite également les sujets de la stabilité des approvisionnements, de la sécurité alimentaire et de l’accès aux produits alimentaires.

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6% de sufaces agricoles certifiées biologique en 2012

6% de sufaces agricoles certifiées biologique en 2012

La France se défend sur le plan mondial en termes de surfaces certifiées. Cependant, en tant que 4e consommateur de produits bio de l’Union Européenne, il y a quand même du pain au levain (bio) sur la planche pour consacrer une plus grande part de nos terres à l’agriculture bio et ainsi établir une cohérence entre production et consommation.

Objectif ambitieux ou raisonnable?

L’objectif du Plan d’action sur l’Agriculture Biologique : Horizon 2012 est le triplement des surfaces (2% des surfaces agricoles utiles en 2007) entre 2008 et 2012.

Les pays possédant les plus vastes surfaces agricoles certifiées biologique en 2007 étaient les suivants (Source : Agence BIO - Chiffres 2007) :

090408-stat-1090408-stat-2

En part du territoire agricole certifié bio, d’autres pays sont au palmarès : le Liechtenstein (29%), l’Autriche (13%), et la Suisse (12%), Lettonie et Italie (9%). La France est loin derrière, et le reste avec son objectif 2012.

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Le coût en eau d’un jeans

Le coût en eau d’un jeans

1 jeans produit c’est 4 000 L d’eau consommés soit la moitié pour la production du coton et l’autre pour sa transformation * .

4 000 L d’eau c’est une bonne centaine de douches, environ 3 semaines de la consommation d’un européen, plus de 3 mois de la consommation d’un africain.

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