Nouveau règlement européen relatif à la Production Biologique

Nouveau règlement européen relatif à la Production Biologique

Avancée pour l’harmonisation européenne, reculade par rapport au label AB français, porte ouverte à un bio dégradé, un bio bourré de produits chimiques et d’ogm… le débat fait rage autour du nouveau règlement européen relatif à la production biologique [0].

Avant d’entrer dans une polémique du “bon Bio” contre le “mauvais Bio”, un éclairage sur les objectifs du réglement me parait riche en enseignements.

Un marché en progression

Selon l’IFOAM [1], le marché mondial des produits biologiques a augmenté de 53% entre 2000 et 2006. L’Europe et l’Amérique du Nord sont de loin les plus friands d’une telle qualité [2].

Dans un tel contexte, l’Union Européenne a pour rôle de mettre en œuvre une stratégie de développement du secteur, passant par des recettes bien connues:
- l’augmentation de l’offre pour répondre à la demande des consommateurs
- la simplification des démarches “une harmonisation des normes et, le cas échéant, une réduction de leur niveau de détail”
- la garantie d’”une concurrence loyale et un bon fonctionnement du marché intérieur des produits biologique”

La rédaction de ce réglement répond donc à un principal objectif : l’encadrement économique de la filière biologique dans une logique libérale.

Partant, il est naturel de ne pas chercher à se pénaliser sur la taille maximale des exploitations ou sur la sélection des intrants, il est normal également d’envisager les difficultés et les coûts d’une surveillance des contaminations d’ogm [].

Question de définitions

En introduction au règlement européen, la définition de l’agriculture biologique est la suivante :
“La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l’égard de produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels. Le mode de production biologique joue ainsi un double rôle sociétal: d’une part, il approvisionne un marché spécifique répondant à la demande de produits biologiques émanant des consommateurs et, d’autre part, il fournit des biens publics contribuant à la protection de l’environnement et du bien-être animal ainsi qu’au développement rural.”

Suivant l’IFOAM [1], l’agriculture biologique se pose en 4 principes:
- le principe de santé
- le principe d’écologie
- le principe d’équité
- le principe de précaution
D’un point de vue économique, il s’agit moins d’organiser un marché libéral que de privilégier les entreprises à échelle humaine sans toutefois omettre les partenariats -équitables- à l’échelle internationale.

Historiquement, en France, l’ex-cahier des charges national était issus du combat d’associations telles que Nature et Progrès pour la reconnaissance et la protection du mode de production biologique, il a donc été élaboré dans une démarche de certification de la qualité plutôt que de développement d’un marché. Cet aspect historique peut être vu comme une des sources du décalage actuel entre les différents pays européens.

Notes:
[0] -
Index des textes réglementaires : http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/environnement/agriculture-biologique/reglementation
Règlement européen n° 834/2007du 20 juillet 2007 du Conseil : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/site/fr/oj/2007/l_189/l_18920070720fr00010023.pdf
[1] - International Federation of Organic Agriculture Movements, créé au début des années 70
[2] - 97% des produits biologiques étaient consommés en Europe et en Amérique du Nord [L'agriculture biologique française, Chiffres 2007-Agence BIO - édité par l'Agence Française pour le Développement et la Promotion de l'Agriculture Biologique]
[3] - les plafonds en termes de nombre de bêtes pour une exploitation biologique étaient plus restrictifs dans le cahier des charges français qu’ils ne le sont dans le règlement européen - certaines substances interdites dans les cahiers des charges nationaux sont autorisées dans le règlement européen - le seuil de “présence fortuite et techniquement inévitable” dans les produits biologique est le même que pour les produits conventionnels (0.9%)
. Il incombe au producteur biologique de se donner les moyens de montrer qu’il a tout fait pour éviter cette présence.

Pour dans le débat:
http://www.fnab
entrer .org/ Article du 9 mars 2009: Nouveau règlement bio européen : Ce qui est VRAI, ce qui est FAUX…

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Forum mondial de l’eau Istambul 2009

Forum mondial de l’eau Istambul 2009

Quelques nouvelles de Turquie ou le forum mondial de l eau bat son plein depuis le debut de la semaine..
Au coeur des debats de cette 5eme edition : l adaption necessaire des acteurs de l eau aux changements climatiques et la croissance demographique.
Si dans ce contexte, la production agricole et la lutte contre la faim dans le monde font l objet de nombreuses interventions (l agriculture represente 70% des consommations en eau douce de la planete), d autres problematiques donnent lieu a des echanges animes…
Meme si des progres reste a faire dans le domaine, l acces a l eau potable domestique a considerablement progresse durant les 10 dernieres annees. Toutefois l acces des populations du sud de l asie et de l afrique sub-saharienne a un assainissement adequat fait encore cruellement defaut.Les defis que represente la gestion de l eau dans les bidonvilles et la capacite des infrastructures urbaines a supporter de larges afflux de populations (exode rural, refugies climatiques) ont ete longuement evoquee.
Dans un contexte de “rarefaction” de la ressource (contrairement aux ressources en energies fossiles, la quantite d eau disponible globalement ne varie pas, le probleme se pose plus en terme de repartition et de qualite de la ressource. La croissance demographique genere neanmoins une diminution des quantites disponibles pour chaque personne), se pose egalement la question des sources d approvisionnement : les decideurs nationaux et locaux sont demandeurs de solutions techniques pour le stockage des eaux pluviales, le recyclage des eaux usees, la desalinisation de l eau de mer, etc.
L adaptation au changement climatique implique necessairement une reflexion conjuguee entre les acteurs de l eau et ceux de l energie (tres peu presents a İstanbul!) : en coherence avec le sujet de l empreinte carbone (que nous commencons a manipuler…), les experts de l eau neerlandais travaillent sur l empreinte “eau” des dıfferentes sources energetiques : Energy for Water and Water for Energy. Entre autres conclusions tres interessantes, ces travaux ont des conclusions peu flatteuses pour les biocarburants, qui doivent toutefois etre apprehendees dans un contexte plus large.
Aujourd hui doit etre aborde le sujet de l energie hydraulique, qui est l objet de debats houleux au sein du forum et vous en avez peut etre entendu parler, dans les rues d İstanbul…
De maniere generales les intervenants du forum se retrouvent sur au moins une conclusion : le besoin criant de solutions pour reduire les besoins mondiaux en eau, d infrastructures et de masterplans pour la gestion des problematiques urbaines, de solutions techniques globales et locales pour assurer les approvisionnement en eau douce et en energie.
Voila une petite synthese rapide de ce que j ai pu voir et entendre jusqu a aujourd hui.. Je n ai surement pas pu faire le tour de tous les sujets abordes!
A l occasion de l ouverture du forum a ete publie le dernier rapport des nations unies sur la situation de l eau dans le monde, qui fait reference sur le sujet. Vous pourrez le trouver ici :

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